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Fin 2013, où en êtes-vous aujourd’hui avec l’initiative?

Nous avons rédigé une brochure avec 8 question 8 réponses. Cela permet de clarifier la démarche, expliquer que nous sommes pas contre l’indépendance syndicale, ni que nous voulons construire en tant que tel un nouveau parti. Cette brochure a été tirée à 10000 exemplaires. la majeure partie est diffusée par les centrales professionnelles, Centrale Générale, SETCA, Métallos, services publics.

Plusieurs réunions d’instance ont mis à l’ordre du jour une discussion sur le contenu de la brochure, par exemple lundi prochain, les exécutifs de la CG et des métallos Hainaut-Namur se réunissent pour en discuter longuement. Une partie du stock est également diffusé par les organisations et parti politiques qui soutiennent notre démarche, à savoir le PTB, PSL, LCR, PH, LIT avec comme consigne de centrer la diffusion vers les militants syndicaux qu’ils peuvent toucher de leur côté. Puis nous terminons en ce moment une deuxième brochure. Il s’agit d’un programme d’urgence anticapitaliste en 10 points.

Peux-tu en dire un peu plus ?

Je n’irais pas dans les détails car il y a encore des discussions en cours. Mais globalement, nous avons désormais un accord sur les 10 points essentiels. Nous dressons un constat qui n’est pas original mais qu’il faut jamais oublier de rappeler: le capitalisme est en crise en nous entraîne dans sa chute; nous, le monde du travail comme la société dans son globalité. En premier lieu, nous refusons le chômage de masse et le travail précaire comme “solution » à la crise. Non aux licenciements, oui à l’emploi CDI, stable, correctement rémunéré, en fonction de la qualification et de la pénibilité notamment. Sans oublier aussi la réduction collective du temps de travail comme levier de création d’emplois. Nous revendiquons ensuite une redistribution des richesses ; le maintien de l’index, l’égalité salariale homme-femme et j’en passe. Trois, nous voulons de vrais services publics avec y compris une renationalisation de certaines entreprises, notamment au niveau de l’énergie. Quatre, nous disons « pas touche » à la sécurité sociale ; non aux radiations, non à l’activation et aux allocations dégressives et oui à une sécurité sociale unifiée au niveau de la Belgique. Cinq, il faut une fiscalité juste avec impôt sur les grosses fortunes mais aussi levée du secret bancaire. Six, il faut désarmer la finance avec notamment la suppression des paradis fiscaux, une BCE indépendante des marchés financiers ; un contrôle sur la circulation des capitaux, l’interdiction de la spéculation à découvert ou à la baisse. Sept, la dette publique Belge, nous disons qu’il faut qu’on arrête de la rembourser. Huit, il faut une autre Europe avec abrogation des traités néolibéraux et une constituante pour refonder l’Europe sur de nouvelles bases. Neuf, pour notre terre, nous devons revendiquer une transition écologique avec sortie des productions polluantes, des énergies fossiles, du nucléaire. Dix, nous voulons un monde solidaire et donc l’arrêt des politiques qui appauvrissent le sud ou qui le rendent dépendant du nord.

Mais est-ce bien réaliste de demander tout cela ?  

Oui, car ce qui n’est pas réaliste c’est de croire qu’on puisse continuer sur la même voie que celle sur laquelle nous sommes embarquée… Après, c’est une question de rapport de force à construire. Nous avons trouvé de l’inspiration pour ce programme dans les textes de la FGTB, dans les programmes de 1954 et 1956 qui portaient sur les réformes de structure et c’est bien de cela qu’il s’agit. Il faut changer les structures sociales, sortir du carcan capitaliste.

Que ferez-vous ensuite ?

Nous publierons cette deuxième brochure en décembre en puis nous laisserons s’écouler un mois ou deux, le temps qu’il faut pour qu’elle soit connue, lue et débattue. Nous organiserons alors un deuxième grand rassemblement à Charleroi ; que nous voudrons cette fois-ci plus large avec une assistance plus nombreuse. Puis viendra le premier mai, à trois semaines du scrutin. Nous aimerions beaucoup qu’à cette occasion, nous puissions nous réjouir d’une liste qui fasse l’unité large des forces à la gauche du PS et d’Ecolo. Mais, nous n’allons pas intervenir, nous, dans les négociations entre ces forces. Nous espérons juste que la volonté de rassemblement l’emporte sur la division.

Comment fonctionne l’attelage avec la CNE ?

La CNE est une centrale qui se situe sur le flanc gauche de la CSC tout en étant elle-même pas forcément homogène. Il y a des militants et des responsables qui, tout en respectant l’indépendance syndicale, veulent aussi continuer à pouvoir interpeller des éléments de gauche au sein du PS et d’Ecolo. Nous respectons ce choix. Je le comprends même si nous, à la FGTB de Charleroi, nous n’avons pas cette orientation-là. Pour nous, il est important qu’émerge un pôle politique crédible à la gauche du PS et aussi d’Ecolo.

Est-ce que la centrale des métallos MWB n’a pas la même orientation que la CNE ?

En partie oui, je vois bien que certains ne veulent pas lâcher le PS, qu’ils veulent continuer à le marquer à la culotte comme on dit. La diversité des opinions existe là aussi. Or, je pense que les démarches – la notre et celle qui veut continuer à interpeller les partis traditionnels – ne sont pas contradictoires. Il est possible que le front commun syndical agisse dans le sens d’une interpellation forte à l’égard des partis qui constitueraient la coalition du gouvernement Elio II et ce serait une bonne chose.

Vu de Flandre, on a parfois du mal à comprendre votre appel tant nous sommes « cernés » par la droite, dure, nationaliste, libérale, voire d’extrême droite… Je connais pas mal de cadres syndicaux qui aimeraient bien que le sp.a ressemble un peu plus au PS. Qu’est-ce que vous dites à ces collègues syndicaux?

Quand on écoute la déclaration politique générale de Di Rupo, vu de Wallonie, on ne peut se contenter de ça, bien au contraire. Il y a les milliers de licenciements chez Nixdorf, Caterpillar, Arcelor avec les drames qu’on connaît. Alors, la chanson « on a bien travaillé, on a résolu la crise de régime-institutionnelle », elle ne peut pas nous convaincre. La politique du gouvernement fédéral ou régional n’est pas à la hauteur ; elle ne répond pas à la crise sociale qui touche beaucoup plus notre région. Quand les jeunes quittant l’école n’ont plus droit aux allocations, c’est 30.000 jeunes qui tombent dans un trou noir après leurs études ; et peut-être seulement 5000 en Flandre. En Wallonie, l’emploi, il est vraiment rare ! On a un chômage historiquement élevé. A Charleroi, en janvier prochain, après leur stage d’attente, 3800 jeunes seront sans le sou là où ce n’était pas le cas auparavant. Où vont-ils aller ? A la rue ? Au CPAS ? Il y a le problème de l’emploi, de la désindustrialisation, d’une pauvreté qui touche un enfant sur quatre ! On est dans une région qui souffre de la crise de la même manière que les pays de l’Europe du sud… Alors, les arguments du PS comme quoi il faudrait accepter des sacrifices ou une réduction de la protection sociale pour sauver le pays, c’est un peu fort de café. Idem au niveau du blocage des salaires. En résumé, c’est le monde du travail qui trinque alors qu’il n’est en rien responsable de la crise. Bien sûr, je comprends aussi mes camarades en Flandre, qui se disent que sans le PS, ce serait la « cata » et qui voudraient bien que le sp.a soit déjà un peu comme le PS. Mais bon, ce n’est pas le PS qui nous sauve et ce n’est pas le PS qui va sauver les conquêtes sociales en Flandre non plus. Je leur dirais donc qu’ils doivent prendre leur avenir en main, comme nous le faisons à notre niveau.

Est-ce que Wallonie n’est pas génétiquement à gauche? Quand Hollande déçoit le peuple de gauche, il se démobilise et la droite extrême monte en flèche alors que le PS, même avec sa politique libérale, on ne voit pas l’extrême droite monter mais plutôt le PTB, ce qui est une bonne nouvelle… Vu de Flandre, comme vu de France…

Oui, c’est bien et c’est une des raisons qui nous encouragent à pousser au rassemblement des forces à la gauche du PS et d’Ecolo, afin que les voix protestataires puissent s’exprimer en ayant un sens… Mais n’oublions quand même pas que l’extrême droite en Wallonie existe. Elle est bien-sûr dispersée, elle ne fait pas un tabac parce qu’elle n’a pas de leader de personnalité qui réussit à capter les voix. Maintenant, à Charleroi, en 2006, les listes d’extrême droite avaient fait 16%... et l’année dernière, il y avait toujours 4 ou 5 listes avec des pourcents ici et là. Le danger de l’extrême droit existe aussi chez-nous. En tant que syndicat, nous restons vigilants ? Toute lettre tout courrier de nous autres contient l’appel à ne pas soutenir ou voter pour l’extrême droite. Nous épluchons les listes lors des élections et nous demandons à nos affiliés pourquoi ils se trouvent sur les listes racistes, xénophobes ou néofascistes ; parfois ils ne le savaient pas. Une liste comme La nouvelle alliance wallonne semble régionaliste avant toute chose mais quand on gratte l vernis… Alors, ils regrettent et on les garde dans le syndicat ; mais on a eu des cas d’affiliés qui ont confirmé leur soutien et ont les a exclus. Je constate par ailleurs la montée d’une extrême droite dure, violente, décomplexée. En Grèce, il y a l’Aube Dorée qui sont carrément nazis. Eh bien chez nous il y a eu trois attaques de notre local FGTB Jeunes, revendiqué par un groupuscule du même genre. Ils sont en train de s’entraîner à l’intimidation, à la violence politique. Plus que jamais, nous avons besoin d’une gauche anticapitaliste qui ouvre une perspective et qui donne de l’espoir.

propos recueillis par S. Bouquin fin octobre

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